Le Cancer du Sein :

Quoi de neuf en 2019 ?

  • Les perturbateurs endocriniens peuvent favoriser le cancer :

Rien n’est sûr en ce qui les concerne, mais il faut faire attention. Les perturbateurs endocriniens chamboulent le fonctionnement du corps et interfèrent avec les hormones et les liaisons nerveuses. Ils sont donc très dangereux, notamment pour les enfants et les femmes enceintes. Bien que l’on ne puisse pas affirmer avec certitude qu’ils sont responsables de certains cancers, mieux vaut être prudent.

  • L’alimentation joue un rôle très important dans la prévention du cancer :

On ne le répète jamais assez : une bonne alimentation favorise la bonne santé, notamment en ce qui concerne les cancers. En effet, une mauvaise alimentation peut faire courir des risques à l’organisme et beaucoup d’aliments sont connus pour être cancérigènes. La “malbouffe” est d’ailleurs la première cause de mortalité dans le monde. Il faut donc porter une attention toute particulière à son assiette.

  • Les hormones :

Chez la femme, il existe deux hormones (l’œstrogène et la progestérone) qui peuvent être responsables de la croissance et du développement normal des seins. Ces hormones peuvent également influencer la croissance de certains cancers du sein. Des tests sont réalisés sur un fragment de tissus de la tumeur pour évaluer s’il y a présence ou non de récepteurs pour ces hormones (récepteurs hormonaux). S’il n’y a pas de récepteurs sur la tumeur, on dit qu’elle a des récepteurs négatifs. À l’inverse, si la tumeur exprime ces récepteurs, on dit qu’elle a des récepteurs positifs ou encore qu’elle est hormonodépendante. La connaissance de ces récepteurs est importante, car si la tumeur possède des récepteurs hormonaux positifs, certains médicaments peuvent être utilisés pour ralentir ou stopper la croissance du cancer. On appelle ce traitement l’hormonothérapie.

  • La mammographie, c’est quoi ?

Une mammographie est une radiographie des seins. Elle permet d’obtenir des images de l’intérieur du sein à l’aide de rayons X et de détecter ainsi d’éventuelles anomalies. Elle est pratiquée par un radiologue. Deux radiographies par sein sont réalisées, une de face et une en oblique, ce qui permet de comparer les deux côtés de chaque sein. Elle dure en moyenne 10 à 15 minutes.

  • Une hausse inquiétante :

Alors que la tendance est à la baisse depuis 2002 en ce qui concerne les femmes de plus de 50 ans, on remarque une hausse inexpliquée des cas de cancers du sein chez les 30-39 ans. L’augmentation de l’incidence sur cette tranche d’âge est significative et inquiétante : +59% .

  • Le facteur génétique est à prendre en compte :

Les femmes présentant des mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 ont 80% de risques de développer un cancer du sein. Un dépistage génétique est nécessaire pour mettre ces mutations en lumière.

Dans la population générale, il y a approximativement une personne sur 1000 qui possède des mutations de ces gènes.

  • L’alcool et la cigarette :

En France, 1 adulte sur 2 consomme de l’alcool au moins une fois par semaine, et 10% en consomment tous les jours. Attention car même à faible dose, l’alcool augmente considérablement les risques de cancer. Il est d’ailleurs tenu pour responsable de 17% des cancers du sein. De plus, ses effets néfastes sont accrus lorsqu’ils sont associés au tabac, fortement cancérigène.

  • Les grossesses tardives :

La grossesse fait cesser l’exposition des cellules mammaires à l’œstrogène circulant et réduit également le nombre total de cycles menstruels de la femme durant sa vie. Les femmes qui mènent leur première grossesse à terme après 30 ans présentent un risque légèrement plus élevé de cancer du sein que les femmes qui ont mené au moins une première grossesse à terme à un plus jeune âge. Tomber enceinte à un jeune âge, comme avant 20 ans, réduit le risque de cancer du sein. Cependant, plus une femme porte d’enfants, plus elle est protégée contre le cancer du sein. Ne pas du tout porter d’enfants (nulliparité) accroît le risque de cancer du sein.

  • La ménopause :


2 cancers du sein sur 3 se déclarent après la ménopause.
La ménopause se produit lorsque les ovaires cessent de fabriquer des hormones et que les taux d’hormones, surtout l’œstrogène et la progestérone, baissent, provoquant l’arrêt des menstruations. Une ménopause qui commence à un âge avancé, soit après 55 ans, fait augmenter la durée d’exposition à l’œstrogène et à d’autres hormones, ce qui accroît le risque de cancer du sein. De même, une ménopause qui se produit à un jeune âge fait diminuer la durée d’exposition du tissu mammaire à l’œstrogène et à d’autres hormones. On a observé un lien entre la ménopause précoce et une réduction du risque de cancer du sein.

  • C’est le cancer le plus meurtrier pour les femmes :

3,5 millions de femmes sont mortes d’un cancer du sein den 2012. 1 femme sur 7 décède d’un cancer dans le monde.

  • Les cancers triple négatifs :

Le cancer du sein triple négatif a été ainsi nommé parce que les résultats d’analyses des cellules cancéreuses sont négatifs pour 3 choses différentes :

Puisque les résultats d’analyses de ces 3 choses sont négatifs en présence de cette tumeur, les traitements standard du cancer du sein, comme l’hormonothérapie, ne peuvent pas être employés pour ce type de cancer du sein.

C’est donc une forme de cancer très agressive, contre laquelle on dispose de très peu d’armes de guérison et qui le rend moins sensible aux traitements. Les personnes atteintes et les médecins comptent donc sur les avancées scientifiques et la recherche. 15% des cancers sont des cancers triple négatifs.

  • Le travail de nuit :

Le travail posté (équipes alternantes de nuit) avec modifications des rythmes circadiens associé à la durée du travail de nuit semble augmenter le risque de cancer du sein. Le travail posté entraînerait des perturbations du rythme biologique à l’origine de la sécrétion d’une hormone : la mélatonine. C’est elle qui favoriserait l’augmentation de la synthèse d’œstrogènes, ce qui a un impact sur les risques de cancers du sein.

  • Un bon taux de guérison :

La guérison dépend de plusieurs facteurs : le stade de la tumeur, sa taille, son type, l’âge de la malade, le statut des récepteurs hormonaux et la forme de récidive (s’il y a déjà eu un traitement). Son taux est de 90% lorsque le cancer est dépisté à un stade précoce.

  • Les rayonnements ionisants :

Les femmes ayant reçu une radiothérapie dans les régions du thorax, du cou et de l’aisselle (champ d’irradiation en mantelet) ont un plus grand risque de développer un cancer du sein.

Bien des femmes craignent que le fait de passer régulièrement une mammographie fera augmenter leur risque de développer un cancer du sein. Cependant, les appareils de mammographie modernes ont recours à de très faibles doses de radiation en comparaison de celles qui sont employées dans le traitement du cancer. Les avantages de la mammographie surpassent les risques de l’exposition à la radiation.

  • La pilule est-elle dangereuse ?

Les contraceptifs oraux qui contiennent de l’œstrogène et de la progestérone font légèrement augmenter le risque de cancer du sein, en particulier chez les femmes qui ont fait usage d’un contraceptif oral pendant 10 ans ou plus. La hausse du risque disparaît une fois que la femme a cessé de prendre des contraceptifs oraux. Cependant, les utilisatrices actuelles et récentes (moins de 10 ans depuis la dernière utilisation) voient leur risque légèrement augmenter, comparativement aux femmes qui n’ont jamais pris de contraceptifs oraux.

Les grandes avancées de la recherche contre le cancer du sein en 5 points :

  1. La mortalité par cancer du sein continue sa baisse progressive grâce aux progrès et avancées de la prévention et des traitements à tous les stades de la maladie.
  2. En phase avancée de la maladie, si on ne guérit pas, l’espérance de vie s’allonge régulièrement.
  3. Le dépistage organisé généralisé se met en place. Petit à petit il s’améliore et cela contribue à l’amélioration du taux de guérison.
  4. Les patientes guérissent autant ou plus avec des traitements moins lourds grâce à la personnalisation des prises en charge : chirurgies plus limitées, moins de chimiothérapies, plus de thérapies ciblées, une radiothérapie beaucoup plus focalisée, et donc moins de séquelles… Les médecins ont identifié mieux les besoins spécifiques de traitement grâce à la caractérisation des profils biologiques de la tumeur …
  5. Des thérapies ciblées d’efficacité majeure ont effectivement été découvertes. Elles ont permis des progrès importants à toutes les phases de la maladie (cancers HER2+ en particulier).

Zoom sur les améliorations de la prise en charge et la personnalisation des traitements

Toutes ces techniques ont considérablement amélioré la prise en charge des patientes : chirurgie mini-invasive, oncoplastie généralisée pour de meilleurs résultats esthétiques, généralisation du ganglion sentinelle, diminution majeure des indications de curage axillaire, mastectomie robotisée, large ouverture des indications et possibilités de reconstruction immédiate ou secondaire.

Grâce à la généralisation de l’accès à des tests génomiques depuis 2016, les indications de chimiothérapie adjuvante sont moins importantes.

Les techniques de radiothérapie se sont améliorées ; les séquences sont moins nombreuses et les séquelles également…

La médecine est de plus en plus stratifiée sur les profils moléculaires dans toutes les phases de la maladie.

L’accès à la prise en charge en oncogénétique s’est généralisé.

Les avancées sur les conditions de vie avant et après le cancer

Les problématiques majeures de l’après cancer sont désormais prises en compte. D’importants investissements d’argent public pour la recherche et les soins ont été faits dans ce domaine. L’activité physique est désormais prise en charge par l’assurance-maladie. Il existe aujourd’hui des lois de protection des droits des personnes atteintes de cancer.

Cancer du sein : quels espoirs ?

D’une manière générale, les traitements vont devenir plus ciblés, plus légers, plus efficaces, avec moins de séquelles. Les axes de recherche s’intéressent également de plus en plus aux conditions de vie des femmes après un cancer du sein, et pas seulement à la maladie elle-même.

Merci au Dr Suzette Delaloge pour ces informations. Institut Gustave Roussy. Paris

Publié dans Ensemble. La vie en Rose.